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  "L'effet chimpanzé" par David Manise

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lucas

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MessageSujet: "L'effet chimpanzé" par David Manise   Lun 29 Sep - 9:23



Sous l'emprise d'une peur ou d'une anxiété suffisamment intense, notre Q.I. est, là aussi, divisé par deux. C'est un fait bien connu. Les pilotes d'avions de chasse, les ambulanciers, les policiers et les étudiants stressés devant une copie d'examen en savent tous quelque chose. Dès qu'on se met à avoir un peu trop peur, les parties de notre cerveau qui nous rendent intelligents se déconnectent une à une. Notre jugement est — de facto — altéré. Notre mémoire à court terme s'éclipse. Nos facultés de raisonnement et notre capacité à accéder à nos connaissances sont pratiquement anéanties. Autre point important, notre motricité fine et notre capacité à poser des gestes complexes ou précis foutent le camp, pour laisser graduellement la place à l'action des grands groupes musculaires et aux gestes simples et basiques : courir, sauter, frapper et grogner... Bref, nous devenons plus forts, certes, mais surtout plus cons. C'est un fait, et il faut vivre avec.

Attention... Rendons tout de même à César ce qui est a César. L'effet chimpanzé est un magnifique sauveur de vies dans les situations d'urgence extrême, où il faut réagir rapidement et instinctivement. Comme quand un Grizzli de 400 kilos fonce sur vous, sorti de nulle-part, ou comme quand votre belle-mère doit venir dîner. Pourtant la plupart des situations dites « de survie » ne sont pas particulièrement spectaculaires. Elles arrivent généralement de manière insidieuse, et s'installent lentement et progressivement. L'anxiété qui les accompagne, bien souvent, grandit elle aussi en catimini. Elle est refoulée jusqu'au dernier moment, pour finalement déferler d'un seul coup quand on finit par prendre pleinement conscience du fait que oui, on est perdu(e), ou qu'on ne va pas pouvoir rentrer, ou que finalement non, on ne va pas pouvoir terminer l'ascension de ce mur sans aide extérieure, etc.

Ce genre de situation fait souvent déferler en nous une vague d'anxiété presque insoutenable. Notre corps, croyant voir là une situation d'extrême urgence, libère des tonnes de composés chimiques qui ont pour effet de nous préparer à la fuite ou au combat. La liste des effets de ce genre de décharge d'adrénaline est bien connue et je ne vous ferai pas l'affront de la répéter une fois encore. Il s'agit simplement de souligner que toute cette adrénaline nous prive instantanément des attributs qui nous seraient le plus utiles objectivement à ce moment là : du calme, des neurones qui fonctionnent bien et qui nous permettraient de mettre sur pied un plan de match adapté à la situation concrète. Or, au lieu de réfléchir froidement à « comment survivre », on se met alors souvent à dépenser des quantités astronomiques d'énergie à marcher pour trouver la sortie, ou à grimper coûte que coûte, ou à hurler en tournant en rond et en pleurant... Notre stress nous pousse ainsi parfois jusqu'au bout de nos limites physiques et nous laisse là, complètement épuisés dans une situation qui — dans le meilleur des cas — ne s'est pas améliorée. Beaucoup de gens, cédant ainsi à ce besoin viscéral de bouger et de continuer, abandonnent leur équipement pour s'alléger ou s'enfoncent plus profondément encore dans une situation déjà difficile.

Ce qui est important à retenir, ici, c'est qu'à un niveau de stress important, nous sommes physiologiquement incapables d'être intelligents, et qu'il n'est plus possible d'inventer des solutions adaptées à nos problèmes. Il fallait y penser et se préparer avant, notamment en s'entraînant régulièrement à poser les gestes qui sauvent...

En situation de stress important, nous nous rabattons mécaniquement sur les conditionnements les plus simples qui sont inscrits dans notre système tout entier. Ce qui s'exprime à ce moment là relève donc autant de notre « mémoire musculaire » que de notre expérience et de notre vécu. Et c'est ainsi que la plupart des gens continuent tout simplement à marcher une fois qu'ils se voient perdus en forêt, parce que c'est ce que leur corps a toujours fait, et ça s'est toujours terminé par un retour à la maison et un bon repas. D'ailleurs, si les bénévoles de la croix-rouge prennent le temps de se réunir en équipe toutes les semaines pour pratiquer la réanimation cardio respiratoire et d'autres gestes de première importance, c'est justement pour être en mesure de fonctionner dans des situations de stress intense sans avoir besoin de réfléchir. En pratiquant régulièrement ces techniques, ils les inscrivent dans leur corps tout entier, et deviennent ainsi capables de vous sauver la vie sans faire appel à leur savoir théorique.

C'est précisément cette différence entre le savoir théorique et l'entraînement « in vivo » qui rend les cours de survie sur le terrain aussi efficaces. En pratiquant (au moins une fois) diverses techniques de survie, on devient capable de les reproduire plus facilement dans une situation réelle. Des cours de survie, donnés par des professionnels qualifiés existent dans le monde entier, et leurs cours sont absolument irremplaçables. Que cela ne vous prive pas, cependant, d'aller tester vous-même vos connaissances théoriques sur le terrain. Entraînez-vous à construire des abris, à marcher à la boussole, et à allumer des feux par tous les temps... et tout le reste ! Sortez de chez vous, et faites-le. Prenez votre sac à dos, votre kit de survie, et allez programmer votre corps tout entier à bien réagir. Non seulement vous vous amuserez comme un gamin à construire des cabanes et à jouer dans les bois, mais ça pourrait fort bien vous sauver la vie, si jamais mère nature vous prenait un jour en grippe pour une raison ou pour une autre.

Il existe beaucoup de techniques plus ou moins ésotériques pour contrôler son niveau d'anxiété. Chacun possède sa technique préférée, et il est bon, d'ailleurs, de la cultiver. Certains se parlent. D'autres respirent profondément, en expirant longuement (c'est très efficace pour ralentir le rythme cardiaque et pour détendre tout le corps). Certains pratiquent la méditation, d'autres prient... Personnellement, j'aime bien l'humour noir et l'ironie. Je vois en ce genre d'humour parfois un peu dérangé en apparence un excellent moyen de conserver ses esprits, ou de les retrouver avant qu'il ne soit définitivement trop tard. L'humour, à mon avis, est une technique de survie à part entière, de par le simple fait qu'il nous aide à relativiser une situation, ou à simplement prendre un peu de recul ironique vis-à-vis de situations parfois insoutenables. Bref, même dans les situations extrêmes, n'oubliez pas de vous marrer... au pire vous mourrez en passant un bon moment...
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